La hausse des marchés financiers est-elle soutenable ?

Nombreux sont les économistes à pointer du doigt la fin proche du cycle économique, cycle qui a débuté en 2008 suite à la deuxième plus grande crise financière mondiale (après 1929).

Les raisons de cette fin de cycle tant attendue ne manquent pas :

  • Plus long cycle économique depuis 200 ans (bientôt 10 ans de croissance ininterrompue)
  • Crédits (étudiants) et hypothèques à leur plus haut niveau historique
  • Croissance mondiale en baisse (en particulier en Chine)
  • Fin des effets positifs des taux bas prodigués par les banques centrales
  • Guerre sino-américaine
  • Survalorisations du marché action
  • Décollecte importante sur les marchés financiers ces 6 derniers mois
  • Trading algorithmique qui maintient artificiellement les marchés sur plus hauts niveaux

Par expérience, nous avons appris que lorsque le consensus anticipe une fin de cycle et ce, même pour des raisons légitimes, la chute ne se produit pas, bien au contraire. Généralement le pessimisme finit par capituler et les opérateurs redeviennent confiants. C’est alors le moment de vendre ces positions

Ce raisonnement, certes schizophrénique, est d’autant plus difficile à tenir en ces temps troubles et incertains, pour des investisseurs classique sur les marchés financiers

De manière fondamentale, il est certain que l’économie mondiale ne fonctionne pas de manière optimale (voir les multiples raisons mentionnées ci-dessus).

Néanmoins, les modèles économiques et la théorie monétaire ne sont plus aussi pertinents dans le monde contemporain.

En effet, les banques centrales grâce à des taux d’intérêt ultra bas -et désormais négatifs en Europe-, maintiennent artificiellement le cours des marchés financiers à un niveau de prix élévé.

De plus, les milieux politiques dans leur vaste majorité sont désormais à l’écoute des marchés financiers, prêts à prendre des mesures d’aide à la moindre fébrilité de ces derniers.

Notre stratégie

Dans ce contexte, nous maintenons un avis contrariant face au consensus assez négatif.

Sur les marchés, il est important de danser tant que la musique est jouée. Et mieux vaut s’arrêter de danser quelques secondes après l’arrêt de la musique plutôt que de partir plusieurs heures auparavant, au risque de manquer le clou du spectacle.

Les éléments macroéconomiques et la versatilité de la politique internationale nous incitent à analyser et détecter -dans la mesure du possible- les signaux précurseurs qui peuvent se dévoiler sur les graphiques des grands indices (par exemple, le Dow Jones, principal indice américain).

Ainsi, dans le monde actuel, bien que beaucoup parient sur l’avènement prochain de la Chine, c’est néanmoins toujours le S&P 500 et le Dow Jones Industrial Average qui dictent la tendance économique mondiale.

Analyse du Dow Jones Industrial Average

L’indice Dow Jones Industrial Average évolue actuellement sur ces plus hauts et a désormais buté à trois reprises sur le haut de son range, ce qui démontre un certain scepticisme chez les investisseurs à croire dans la pérennité de la hausse.

En données mensuelles, une divergence baissière est en formation sur le RSI, outil très utile pour analyser les tendances sous-jacentes et qui s’est révélé fort pertinent en 2007-2008.

Néanmoins, tant que le niveau 50 sur le RSI n’est pas durablement cassé à la baisse,  l’indice Dow Jones peut continuer à corriger par moment avec des légères baisses, tout en allant rechercher ses plus haut l’instant d’après et sans subir la chute tant attendue par certains.

Ainsi à court terme (horizon 6 mois), nous restons prudents et investis, profitant des quelques corrections pour renforcer nos positions.

Nous vendons le haut du range vers 26.800 points sur le Dow Jones une partie de nos positions. Nous nous renforçons lors des corrections.

Pour autant, si le haut de range était cassé, nous ne tomberons pas dans le piège d’une analyse chartiste simple qui, selon la théorie veut qu’une fois le plus haut cassé, celui-ci fasse dès lors office de nouveau support au cours de l’indice.

Dans la situation complexe que nous vivons, il pourrait en effet s’agir d’un faux mouvement positif avant de réintégrer le cours, toute décision politique internationale pouvant avoir un impact majeure.

Nous restons donc fort attentifs aux mouvements sous-jacents du RSI, tant que celui reste au-dessus de la ligne des 50 en données hebdomadaires (voir graphique ci-dessous), nous restons positifs.

Scénario en cas de cassure à la baisse de la zone 50 du RSI

Si le RSI venait à casser à la baisse durablement pendant plus de 2 semaines consécutives la ligne des 50 et si le cours du Dow Jones enfonçait sa moyenne mobile 50 hebdo (ligne en rouge sur le graphique ci-dessous), nous commencerions à vendre la majorité de notre portefeuille pour à nouveau nous renforcer autour des 23.000 points dans un premier temps.

(Cette partie fera l’objet d’un update si ce cas de figure se présentait)

Conclusion

Nous restons acheteurs tant que le RSI reste durablement au-dessus de sa ligne des 50. Nous profitons de toute consolidation, comme c’est le cas actuellement pour augmenter nos positions.

Nous vendons le haut du range et sa probable cassure par le haut (les plus aventureux peuvent même anticiper une cassure à la hausse et vendre cette cassure).

A l’heure actuelle, nous ne sommes pas sûrs que le rallye haussier puisse continuer indéfiniment, compte-tenu des faibles volumes à l’origine de cette hausse.

* Si le haut du range était cassé durablement et avec un mouvement fort, nous émettrons un update. Tout dépendra de la force du mouvement acheteur.

De manière générale, l’environnement est à la prise de risques modérés.

Pour autant, nous ne croyons pas au scénario de l’arrivée d’une nouvelle crise financière globale.

Concernant le portefeuille actions, celui-ci est constitué d’actions (environ 30) qui reposent sur des fondamentaux solides, nous ne pensons pas que le contexte actuel puisse impacter négativement leur performance à long terme.